Les groupements lexicaux 11 страница

Certains suffixes verbaux ont une valeur appréciative. Les suffixes -ass-, -aill-, ot- s'ajoutant à des verbes, communiquent à leurs dérivés une nuance défavorable : rêvasser ; écrivailler, rimailler, politicailler ; vivo­ter, siffloter.

Les suffixes -ot-, -ill-, -onn-, s'appliquant aussi aux verbes, leur com­muniquent un sens diminutif : toussoter, buvoter, trembloter ; sautiller, mordiller ; chantonner.

§ 39. La formation des mots par préfixes. Généralités. Confor­mément à leur méthode historique F. Diez et A. Darmesteter font entrer la préfixation dans la composition vu que les préfixes français remontent pour la plupart à des mots latins. Plus tard les linguistes se sont affranchis de cette conception purement étymologique. Kr. Nyrop considère la préfixation comme un procédé de formation tout particulier ; A Dauzat et E. Pichon ont à juste titre introduit la préfixation dans la dérivation affixa-le à l'égal de la suffixation. Cette dernière conception a pré valu. En effet, les préfixes se rapprochent à bien des égards des suffixes. Tout comme ces derniers les préfixes sont caractérisés par un sens plus général que celui des bases formatives. ce qui leur permet de fonctionner en qualité d'élé­ments constants d'un modèle de formation (cf. : en-(em-) + base formative verbale : en-traîn(er). en-lev(er), em-port(er), s'en-vol(er). À l'encontre des bases formatives les préfixes et les suffixes ne servent jamais de base de formation. On ne saurait créer de mots nouveaux à partir d'un préfixe ou d'un suffixe ; les combinaisons « base formative + suffixe » et « préfixe + base formative » sont normales, alors que la com­binaison « préfixe H- suffixe » est impossible. Ce dernier indice est décisif dans la distinction entre un affixe et une base formative.

À côté de ces traits communs les préfixes et les suffixes possèdent des particularités différentielles. La soudure et l'interdépendance séman­tique entre le suffixe et la base formative atteignent un très haut degré qui font que le sens du dérivé se trouve généralement transformé en compa­raison du sens du mot générateur. En effet, un journaliste n'est pas une variété de journal, mais « une personne qui écrit ou travaille dans un journal » : une allumette est un objet concret, « un bâtonnet combustible qu'on frotte pour allumer le feu », et non point l'action d'allumer. Quant

au préfixe, il conserve le plus souvent une certaine autonomie sémanti­que par rapport à la base formative dont il ne fera que modifier le sens : superfm signifie « très fin » : transporter, c'est toujours porter, mais d'un lieu dans un autre ; délasser n'est que le contraire de lasser (toute­fois les suffixes diminutifs se rapprochent par leur fonction des préfixes : maisonnette < <— maison). Le suffixe a enfin un pouvoir classificateur dont le préfixe est généralement dépourvu. Si le suffixe fait le plus sou­vent passer le mot qu'il forme dans une partie du discours autre que celle à laquelle appartenait le mot générateur (orientation < <- orienter, robus­tesse < <- robuste), le préfixe sert largement à créer des mots nouveaux dans le cadre de la même partie du discours (réintroduire < <— introdui­re ; irresponsable < <- responsable).

Il est à noter que les fonnations préfixales sont moins fréquentes et moins productives par comparaison aux fonnations suffixales, pourtant la préfixation demeure un moyen de formation bien vivant dans le fran­çais contemporain [26].

Parmi les formations préfixales la première place revient aux ver­bes.

§ 40. La préfixation des verbes. Parmi les préfixes verbaux les plus productifs il faut nommer dé- (dés-) et r(e)-, ré. Les dérivés avec le pré­fixe dé- (dés-) expriment : a) un sens opposé à celui qui est rendu par le verbe primitif : déboucher < <— boucher, désintéresser < <— intéresser, désunir < <- unir ; b) la privation de ce qui est exprimé par la base forma­tive, par exemple : dégoûter < «- goût, détrôner < <- trône, dépeupler < <-peuple, désavantager < <- avantage. Ce préfixe paraît être particuliè­rement productif en français contemporain ; sont de création récente dé­dramatiser, dénationaliser, dépolitiser, décomplexer, démoustiquer, déshumaniser et beaucoup d'autres. Il est notoire que ce suffixe est large­ment utilisé dans la création individuelle en formant des mots éphémères ce qui est une preuve de son grand degré de disponibilité.

Le plus souvent le préfixe re-, ré- ajoute à la base formative verbale un sens itératif, il marque la répétition de l'action exprimée par la base : revoir, réintroduire, rouvrir, réapprendre ; récentes sont les créations : reciviliser, repolitiser, réaménager.

Il y a des cas où dans le français moderne re- ne rend plus l'idée de répétition : repasser (une robe), remercier (a. fr. : « mercier »). reconnaî­tre qn, ressembler à qn. Ces verbes ne peuvent plus être considérés com­me des fonnations préfixales, mais comme des mots simples.

D'autres cas se présentent où des verbes contenant r(e)- sont les sy­nonymes des verbes sans r(e)- : reluire = luire, rapprocher = approcher, remplir = emplir. Ces verbes sont aussi des verbes simples dans le fran­çais moderne.

Les dérivés avec le préfixe en- (em-) peuvent avoir des sens divers : a) mettre dans l'état marqué par la base formative : enrhumer < <-rhume-, enfiévrer < <- fièvre-, b) communiquer ou manifester la qualité rendue par la base formative : embellir < <- belle, empourprer < <- pour­pre : c) certains dérivés avec ce préfixe signifient « soumettre à l'action de ce qui est marqué par la base fonnative » : ensoleiller - « soumettre à l'action du soleil » ; d) ils veulent dire parfois « insérer ou mettre dans ce qui est exprimé par la base formative » : encadrer < <- cadre, encaisser < <— caisse. Quoique différents ces sens du préfixe en- (em-) se ratta­chent les uns aux autres. Les dérivés avec ce préfixe sont en corrélation avec des substantifs ou des adjectifs.

Il en est autrement pour le préfixe en- (em-) homonyme dont le sens est totalement différent et, dont les dérivés représentent un autre modèle de formation. Ce préfixe en- (em-) homonyme s'applique à des verbes et exprime un rapport spacial. précisément l'éloignement : enlever < <- le­ver, s'envoler < <— voler, emmener < <— mener, emporter < <— porter.

Les dérivés avec le préfixe a- peuvent avoir les sens suivants : a) mettre dans un état : appauvrir < <- pauvre, affoler < <- fol (fou), attrister < <- triste, affricher < <- friche : b) communiquer une qualité : arrondir < <- ronde, adoucir < <— douce. Ces dérivés sont en corrélation avec des adjectifs et des substantifs.

Le préfixe a- homonyme forme des dérivés exprimant un rapport spatial, le rapprochement, et se trouvant en corrélation avec des verbes : apporter < <- porter, accourir < <— courir.

Le préfixe é- confère aux dérivés un sens privatif : écrémer < <-crème, édenter < <- dent, effeuiller < <— feuille.

Les dérivés avec le préfixe me- (mes-) expriment un sens contraire à celui qui est rendu par le verbe primitif : méfier (se), messeoir (« cela messied à votre âge »), mésestimer, méconnaître, ce même préfixe ajoute souvent aux dérivés qu'il forme une nuance péjorative : mésuser. méju­ger, médire, mépriser (cf. : priser).

L'opposition est exprimée par certains dérivés avec le préfixe con­tre-: contredire, contre-attaquer. contreindiquer.

Les dérivés avec les préfixes trans-, ex-, in- (im-), sou- expriment des rapports spatiaux : transporter, transplanter, exporter : exhumer ; infuser, inhumer, importer, immigrer ; soutenir.

Les dérivés avec le préfixe entr(e)- expriment l'accomplissement incomplet d'une action : entrouvrir, entrevoir, entrebâiller.

Certains verbes pronominaux avec un entr(e)- homonyme peuvent encore exprimer l'idée de réciprocité : s'entraider, s'entrechoquer, s'entre-déchirer, s'entre-détruire.

Par- confère le sens de «jusqu'au bout » aux dérivés qu'il forme : parachever, parvenir, parfaire.

L'idée de simultanéité et de concomitance est rendue par le préfixe co- : coexister, cohabiter, cohériter, coopérer.

Pré- marque l'antériorité : prédire, prévoir, prédisposer, préjuger.

Les verbes préfixés sont généralement tirés de verbes, plus rarement de substantifs et d'adjectifs.

§ 41. La préfixation des substantifs. Les formations préfixales sont beaucoup plus rares parmi les substantifs que les formations suffixales.

Les préfixes des substantifs les plus répandus sont ceux qui commu­niquent aux dérivés un sens opposé à celui du mot primitif : dé- (dés-), dis-, in- (im-, ir-, il-), mes- : désordre < <- ordre, désespoir < <— espoir, disproportion < <- proportion, inconfort < <— confort, inculture < <— culture, incroyance < <— croyance, impuissance < <— puissance, irrévé­rence < <— révérence, illégalité <— légalité, irrespect < <— respect, mésin­telligence < <— intelligence.

Les préfixes les plus productifs de ce groupe sont : anti- qui signifie « dirigé contre » et non- qui confère aux dérivés un sens négatif ; leur productivité a sensiblement augmenté dans le français d'aujourd'hui, sur­tout dans le langage de la presse : antifascisme, antiimpérialisme, antico­lonialisme, antivirus ; non-ingérence, non-participation, non-spécialiste, non-prolifération (des armes nucléaires).

Le préfixe re-, ré- participe tout autant à la formation des substantifs que des verbes. Parmi les créations récentes nommons : réapprentissage, réexamen, reculturation, rediscussion et aussi re-contrôle, re-désordre.

Toutefois s'il est indubitable que ré-désordre est dérivé d'un subs­tantif les nombreuses créations telles que réorientation, rééquipement, réinvestissement se laissent interprétées de façon différente : ainsi on peut voir dans rééquipement un dérivé également de équipement ou de rééqui­per. Des cas pareils sont assez fréquents sur le plan synchronique.

Parmi les préfixes productifs viennent aussi se ranger co- qui rend l'idée de concomitance et de simultanéité : coexistence, coproduction ; auto- qui signifie « lui-même, par lui-même » : autodéfense, autoguida­ge, auto-intoxication ; rétro- correspondant à « en arrière » : rétrovision, rétroactivité ; mono- signifie « un seul » : monobloc, monorail ; bi— « deux, deux fois » ; biréacteur ; tri- - « trois, trois fois » : triporteur, triplan ; quadri— « quatre, quatre fois » : quadriréacteur, quadrimo­teur ; poly--« plusieurs, nombreux» :polygreffe,polycopie,polyculture.

Signalons à part les préfixes d'intensité super-, sur-, hyper-, ultra-, méga(lo)- dont l'activité créatrice s'est sensiblement accaie dans le fran­çais d'aujourd'hui : ces préfixes tonnent surtout des tenues de publicité : superproduction, .supermagasin : surcocktail : hypermarché ; des termes politiques, techniques et scientifiques : surexploitation, surpeuplement ; hyperfréquence, hypertension ; ultrapression, ultramicroscope ; mégafê­te, méga-entreprise, méga-institution.

Notons encore mini-, élément préfixai qui. selon le témoignage de P. Gilbert [27] a connu une grande vogue vers 1966 sous l'influence de l'anglais : il a donné nombre de formations en leur conférant les sens « très court (dans le temps ou l'espace) ». « très petit ». et aussi « de très faible importance » : mini-appartement, mini-disque, mini-magnétopho­ne, mini-budget, mini-grippe. Son synonyme micro-, semble prendre aussi de l'ampleur : microclimat, micro-copie, micro-cravate, micro-métro, micro-ordinateur.

Des exemples cités il ressort que les substantifs dérivés à l'aide de préfixes sont en corrélation avec des substantifs dont ils sont générale­ment formés.

§ 42. La préfixation des adjectifs. Les formations préfixales parmi les adjectifs ne sont guère non plus très nombreuses.

Un certain parallélisme entre la préfixation des adjectifs et des subs­tantifs est à signaler, fait qui s'explique dans une large mesure par la parenté génétique de ces deux parties du discours. En effet, les adjectifs et les substantifs ont en commun la majorité des préfixes quoique leur productivité n'y soit pas toujours égale.

Tout comme pour les substantifs les préfixes des adjectifs les plus répandus et productifs sont ceux qui communiquent aux dérivés un sens opposé à celui du mot primitif : in- (et ses variantes), anti-, non-, a-, : inexpressif, inabordable, indiscutable, impatient, immatériel, irrépara­ble, illisible ; antiraciste, antidémocratique, anti-américain, antitank, antichar ; nondirectif, nonengagé ; apolitique, amoral.

Les préfixes d'intensité, dont surtout, archi-, sur-, extra-, hyper-, super-, sont aussi fort productifs dans la formation des adjectifs : archiplein, archifaux, archiconnu ; surexcité, surchargé ; extra-fin, extra­sensible, hyperstatique, hypercorrect, hypernerveux : superfin. superléger.

La productivité des autres préfixes paraît être plus restreinte. Signa­lons toutefois pro-

« favorable à » : proallié, proaméricain : auto- : autoguidé, autopropulsé, autogéré, autocentré, autocollant. La majorité des adjectifs préfixés est formée d'adjectifs ; toutefois des cas se présen-

tent où les préfixes forment des adjectifs à partir de substantifs : antichar < char, antibrouillard < <- brouillard, antibruit < <- bruit.

§ 43. La dérivation parasynthétique. Par la dérivation parasynthé-tique on comprend la formation de mots nouveaux par l'adjonction si­multanée à la base fonnative d'un suffixe et d'un préfixe : appontement < pont - «пристань на сваях». empiècement < <- pièce «вставка на платье». souterrain < <— terre : encolure < <- col. encorné < <— corne

Ce procédé paraît être productif dans la formation des adjectifs tels . que biailé, triatomiqite, extra-cellulaire, transcontinental, polycylindrique qui sont en corrélation avec des substantifs puisqu'ils se laissent ana­lyser comme « qui a deux ailes ». formé de trois atomes ». « qui traverse un continent ». « contenant plusieurs cylirçd/es » et non pas comme « deux fois ailé », « trois fois atomique ». etc.

Ajoutons quelques créations récentes : transsonique, monoparental, pluridisciplinaire, multiciilturel. antidépresseur < dépress /ion/.

§ 44. La dérivation régressive. Ce procédé, appelé aussi « dériva­tion sans suffixe » ou « dérivation avec le suffixe zéro ». consiste en la formation de mots par le retranchement de certains suffixes. Ainsi on a formé démocrate, aristocrate, autonome de démocratie, aristocratie, autonomie en rejetant le suffixe -ie. Ceci est vrai dans la perspective diachronique, alors que l'analyse synchronique peut offrir un tableau différent. En effet, certains mots qui sont historiquement créés par déri­vation régressive seront interprétés dans la synchronie comme des bases de formations suffixales. Tel est le cas de autonome qui a été réellement créé de autonomie. L'approche synchronique. qui fait abstraction de l'étymologie, nous autorise à voir dans autonomie - « caractère de ce qui est autonome » un dérivé de autonome puisqu'il est motivé par ce dernier conformément à un modèle de formation suffixal typique (cf. : folie < <-fou (fol), jalousie < <- jaloux). Quant à aristocrate et démocrate leur interprétation dans la synchronie coïncidera avec leur création réelle du fait que ce sont précisément ces formations qui sont motivées par aristo­cratie et démocratie et non inversement (ainsi un démocrate est un par­tisan de la démocratie). Ceci correspond aux rapports dérivationnels typiques dans le système actuel de formation : dans une opposition for-mative le substantif désignant l'homme d'après quelque caractéristique est nettement conçu comme une formation dérivée (cf. : chirurgien <-chirurgie, dentistes <— dent, hôtelier <— hôtel, et aussi les formations récentes propédeute de propédeutique. psycholinguiste de psycholinguis­tique).

II est à noter qu'on range souvent dans la dérivation régressive les substantifs tirés de verbes et coïncidant avec les radicaux de ces der­niers :cri <— crier, vol < <- voler, appel < <- appeler. Cette interpré­tation erronée est fondée sur l'opinion répandue, surtout parmi les linguistes français, que le -er final des verbes à l'infinitif est un suffixe, alors qu'il n'est rien autre qu'une désinence verbale.

Notons que la dérivation régressive est peu productive en français moderne.

§ 45. La dérivation impropre. Kr. Nyrop définit la dérivation im­propre comme le procédé par lequel on tire d'un mot existant un autre mot en lui attribuant simplement une fonction nouvelle » [28, p. 330J. En effet, par ce procédé on crée un nouveau mot à partir d'une des formes d'un mot ancien en la faisant passer dans une autre catégorie grammaticale ou lexico-grammaticale. Tels sont le bien, le souper, un radio, tirés de bien, souper, radio. Ces mots nouvellement créés qui se rangent généralement dans une autre partie du discours représentent des homonymes1 par rap­port aux mots générateurs.

La dérivation impropre est fort productive en français moderne. Cer­tains linguistes, dont Ch. Bally, considèrent ce procédé de formation com­me un des plus féconds. On forme facilement des mots nouveaux qui reçoivent les caractéristiques d'une autre partie du discours.

Les substantifs peuvent être obtenus de diverses parties du discours : d'adjectifs (qualificatifs) : le calme, le beau, le rouge à lèvres (« se mettre du rouge ») ; le blanc des yeux, un jaune d'œuf. un collectif, un marginal, une hivernale - « course en hiver en haute mon­tagne ». un inconditionnel - « qui est un partisan sans réserve de... », l'hexagonal - «le français »; de verbes '.le coucher du soleil, le souper, le devoir, l'être, la déprime < déprimer, la bouffe (fam.) < bouffer, un transplant - « organe destiné à être transplanté » < trans­planter ; de participes présents : un participant, un manifestant, un représentant, un sympathisant, un collant, un déodorant, un en­seignant, un tranquillisant ; de participes passés : le passé, un détenu, un blindé, un fait, un vaincu, un blessé un mobilisé, une étendue, une mariée, une fiancée : d'adverbes : le bien, le mal, le peu ; de mots non-autonomes : les pour et les contre, prendre le dessus, je ne veux pas de vos mais, « avec un si. on mettrait Pans dans une bouteille » (proverbe).

Les adjectifs peuvent aussi provenir d'autres parties du discours : de s u b s t a n t i f s : un costume perle, un ruban rosé, un chapeau paille, la couleur saumon, une robe lilas, un ruban jonquille (d'un jaune pâle). des souliers sport, des bas nylon, une littérature adulte, un skieur amont (aval), des sujets bateaux ; de participes présents : une personne charmante, des enfants obéissants, une femme suppliante, des gens ex­travagants de extravaguer - «бредить, говорить вздор». un succès gratifiant, une scène traumatisante ; de participes passés :un sol­dat blessé, des doigts effilés (effiler «вытягивать»). une ville atomisée. . (soumise à des radiations atomiques), des vols habités.

Les adverbes peuvent être tirés d'adjectifs : il a fort bien tra­vaillé : de prépositions : n'avoir rien contre ; courir après ; tra­vailler avec.

Les interjections peuvent être obtenues de substantifs-dame !, peste !, diable ! ; de verbes à l'impératif et au subjonctif : tiens !, va !, allons !, soit !

Signalons à part la création des verbes tels que patronner, luncher. parrainer de même que blanchir tirés de nominaux patron. Lunch (loi de), parrain, blanche (blanc). Les linguistes français rangent d'ordinaire ce moyen de formation parmi la suffixation. Cependant les finales

-er et -ir ne sont pas des suffixes au même titre que ceux qui ont été examinés précédemment ; elles n'entrent pas dans la partie lexicale des verbes, elles disparaissent dans la conjugaison et. par conséquent ne sont rien autre que des désinences verbales, marques de l'infinitif [29]. La forma­tion du type patron > patronn-er, blanche > blanch-ir offre un cas parti­culier de dérivation impropre où à partir d'un nom (substantif ou adjectif) on forme une base verbale. Ce type de formation est parmi les plus pro-. ductifs dans le français d'aujourd'hui, (cf. : bachoter, court-circuiter. paniquer, tester, tangenter - « longer, côtoyer ». surfer, vamper).

À côté du type de formation patron > patronner il faudra classer dans la dérivation impropre le moyen opposé qui consiste à former des substantifs à partir de bases verbales : crier > cri, voler > vol, plier > pli. nager > nage, visiter > visite, grogner > grogne, snober > snob.

Les mots apparus à la suite de la dérivation impropre peuvent être interprétés comme étant formés avec un suffixe zéro. L'affixe zéro apparaît dans les cas où son absence est significative ; il est alors com-mutable avec les formants (dans notre cas les suffixes) explicites (cf.. calme - le calme et tendre - tendresse, modeste - modestie, etc.). En effet, le calme ou le beau est le fait d'être calme ou beau. Donc, la structure de la signification du dérivé est plus complexe que celle du mot générateur ce qui en principe est la condition minimale nécessaire qui signale la présence d'une formation dérivée. (Généralement la for­me dérivée est plus complexe non seulement quant au sens mais aussi quant à la forme).

Notons que ce procédé de formation qui consiste à faire passer la forme d'un mot d'une catégorie dans une autre a déjà existé à l'époque reculée de la formation du français sur la base du latin populaire.

Souvent les mots passaient d'une catégorie dans une autre à la suite d'une ellipse : un groupe de mots se réduisait à la suite de l'omission d'un des mots formant ce groupe : le mot qui survivait absorbait le sens du mot disparu : fontana (adj.) aqua - « eau de source » > fontana > fontaine ; exclusa (adj.) aqua - « eau d'écluse » > exclusa > écluse : forestis (adj.) sylva - « forêt non entourée de murs » > forestis > forêt : tempus hibemum (adj.) - « période tempétueuse de l'hiver » > hibemum > hiver.

Il y a eu des participes passés qui ont fourni des substantifs, comme par exemple, débitant (de debere - « devoir ») > dette ; tortum (de torqueré) - « tordre » > tort ; fonditam (de fundere - « noyer, fondre ») > fonte : defensam (de defendere - « parer ») > défense.

Certains adverbes du latin classique deviennent des prépositions déjà dans le latin populaire, par exemple : sub - « dessous » > sous, foris-« dehors » > hors.

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